Mercredi 15 juillet 2009
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Tout comme au départ d'une course, réussir son début de roman est absolument crucial. En effet, si en course vous risquez de décrocher le peloton, là, c'est le lecteur qui risque de
décrocher. Car la première impression peut fortement conditionner la poursuite de la lecture. Vous pouvez d'ailleurs en juger vous-même en votre
qualité de lecteur avisé : en quelques pages, quelques chapitres pour les plus indulgents, la première impression est faite. Et en général, c'est la bonne.
Mais qu'est-ce qu'un bon début ? C'est donc celui qui va accrocher le lecteur. La recette ? Il n'y en a pas vraiment, sauf à éviter les défauts du
mauvais début, justement... Qu'est-ce qu'un mauvais début alors ? En quelques mots, c'est celui qui repousse de plusieurs pages le début de
l'action « utile » à l'histoire.
On observe deux cas de figure récurrents :
1) Dans l'élaboration de l'histoire, l'auteur a imaginé un contexte particulier, qui aura une influence indéniable sur les aventures du héros (exemple typique : les histoires de fantasy).
Celui-ci trouve alors indispensable de décrire, avec force détails et précisions temporelles, en quoi consiste ce contexte et comment s'organise la
société, en n'oubliant pas les immanquables états d'âmes et autres clichés. Et plusieurs dizaines de pages plus tard, de commencer l'histoire à proprement parler : « Dans ce monde
triste et sans avenir, un jeune garçon prénommé Zrg vivait au sommet d'un tas d'immondices, etc., etc. » Seulement à ce stade-là, l'auteur risque fort de se retrouver tout seul avec son
héros, aucun lecteur n'ayant eu le courage de franchir la barrière de ces pages soporifiques...
2) Dans la même veine, certains trouvent nécessaire de résumer les éléments antérieurs aux événements qui nous intéressent : le passé du
personnage principal et autres protagonistes, l'enchainement qui a mené au résultat constituant la base du roman, etc. Là-aussi, c'est lassant pour le lecteur, qui risque de s'évaporer dans les
effluves d'un condensé d'histoire plate et sans action.
Que ce soit pour le premier cas de figure ou le second, une chose est sûre : inutile de s'évertuer à construire une sorte d' « introduction » à l'histoire, car les choses
que vous allez y mettre se retrouveront, que dis-je, doivent se retrouver dans le corps du roman même ! Si le héros est orphelin et que cet
élément a de l'importance pour la compréhension de l'histoire ou un quelconque enjeu dans son achèvement, la chose sera mentionnée à la faveur d'une action, d'une conversation, par exemple :
« De toutes les familles d'accueil qu'il avait connue, aucune n'avait été aussi chaleureuse que celle-ci » ; ou bien « - Tes parents ne t'ont-ils jamais parlé de ta famille ? - Je
n'ai jamais connu mes parents. Ils sont morts quand j'étais tout petit », etc., etc.
Et concernant les roman de genre, si vous choisissez d'écrire un roman de fantasy ou autre, le lecteur en sera informé avant de commencer la lecture (ça sert aussi à ça, la couverture), cela fait
partie du contrat tacite qui lie auteur et lecteur.
Bref, pour prendre un bon départ, un bon conseil : réfrénez vos envie de tout raconter, livrer au lecteur tout ce que vous avez en tête. Au contraire, apprenez à distiller : distribuer les
éléments au compte-goutte, au fil du récit, sa lecture n'en sera que plus alléchante...